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Murakami Ryû (à ne pas confondre avec Huraki Murakami, l'auteur de la trilogie 1Q84) est l’auteur de ce roman cauchemardesque. Nous sommes au milieu des années 90. Kenji est un jeune Japonais chargé d’accompagner des touristes étrangers en mal de sensations dans les quartiers chauds de Tokyo.
À quelques jours d’un nouvel an mémorable, il est chargé de guider Franck, un Américain, dans des clubs de rencontre, sex-shops et autres boîtes à strip-tease. Rapidement, Kenji confie à sa petite amie Jun, une lycéenne paumée, que son client n’est pas clair. Ne serait-il pas le responsable d’un crime sordide qui a défrayé la chronique ?
Sueurs froides et sensations fortes garanties pour Kenji qui, du même coup, va nous montrer l’image sombre d’une société japonaise "en train de mourir lentement à l’intérieur d’une pièce aseptisée" (dixit Murakami Ryû). Un polar violent et engagé par l’auteur des Bébés de la Consigne automatique.
C’est sans doute l’un des succès actuels les plus étonnants de la littérature. Un livre qui, assurément, fait bouger les lignes et donnent de l’espoir. Non, la poésie n’est pas un genre ringard, et elle n’est pas plus morte en 2024. La preuve avec le recueil Poesif, sorti il y a quelques semaines en autoédition et devenu un succès littéraire y compris chez les plus jeunes.
Les auteurs se nomment FEF et DFY. Ce sont deux tiktokeurs dont le compte, Poétique, peut se targuer d’avoir près de 150 000 abonnés, et gageons que ce n’est pas fini, grâce notamment à ce livre.
Curieux titre, mais pas tant que ça. "Poesif" comme "poésie" et "positif". Voilà qui donne une des clés de ce court recueil constitué de trois chapitres, "Citations", "Poèmes" et "Créations originales". À cela s’ajoute une quatrième partie qui est en réalité une section vierge ("Écriture") où le lecteur est invité à y mettre ses propres textes. Bonne idée.
Comme "poésie" et "positif"
C’est prioritairement aux abonnés et aux fans de FEF & DFY que s’adresse ce livre. De jeunes lecteurs aurions-nous envie d’ajouter, et là est sans doute le petit miracle de Poesif : donner à des adolescents et adolescentes (même si l’ouvrage vise un public beaucoup plus large) l’envie d’ouvrir un recueil de poèmes à découvrir sans complexe ni pression de l’école, des textes de Victor Hugo, Verlaine ou Baudelaire.
L’amour et le désir sont au cœur de ces textes, à commencer par des citations renvoyant aussi bien à l’auteur des Misérables qu’à Yamsina Khadra, Katherine Pancol, David Foenkinos, Simone Veil, Shakespeare ou même Nietzsche.
Les poèmes sont constitués de sélections de textes poétiques classiques. On y retrouvera Hugo – bien sûr – mais aussi Rimbaud, Mallarmé, Musset, sans oublier des auteur.e.s moins connus, voire très confidentielles. Il y a un extrait des Sonnets intimes et Poèmes inédits de François Copée (1911), des Poésies de François de Malherbe (1608) ou un sonnet de Louise Labbé de 1555.
Le cœur de ce livre est sans doute l’avant-dernière partie et l’une des plus brèves du recueil. Le lecteur y trouvera des créations contemporaines autour de du désir, de l’amour et de l’attirance physique : "J’irai récupérer chaque fragment de courage / En me battant aux côtés des lanciers rouges. / Pour que mon cœur t’oublie et qu’il soigne ceux des autres".
Voilà un des très, très bons polars, sorti récemment, et celui-là nous vient tout droit des États-Unis, car on oublie trop souvent qu’en matière de policiers, on doit élever une statue pour ces auteurs et auteures qui, depuis près de trente ans ont contribué à sortir le polar de la niche où elle végétait. La suite, ce sont ces thrillers européens, français ou scandinaves. Lisa Gardner est une de ces grandes dames du policier qui propose, avec N’Avoue jamais (éd. Albin Michel, puis au Livre de Poche), un roman efficace qui écorne salement l’American Way of Life.
À Boston, un homme est assassiné dans son bureau. Commercial dans la vente de fenêtres, soit en télétravail, soit en déplacement, Conrad Carter a une existence rangée, vie en couple harmonieux avec sa femme Evelyn avec qui il attend un premier enfant. Or, c’est elle que découvrent les policiers accourus sur place. Le cadavre de son mari gît à côté d'elle. Elle tient une arme à la main et vient de tirer plusieurs balles sur l’ordinateur de son mari. La femme ne se défend singulièrement pas et est mise en cause et enfermée. L’enquête commence, menée par D. D. Warren et son équipe. Dès son arrivée, une indic se manifeste. Elle s’appelle Flora Dane. Elle a été kidnappée quelques années plus tôt par un criminel abattu lors de sa libération. Or, la jeune femme est persuadée avoir croisé Conrad lors de sa captivité. Autre surprise, Evelyn/Evie s’est auto-accusée du meurtre de son père, tué d’un coup de fusil de chasse, avant d’être innocentée. Voilà qui tend à faire de cette enquête une affaire à tiroirs.
N’Avoue jamais alterne les points de vue
Un mari au-dessus de tout soupçon qui semble avoir bien caché son jeu. Une femme toute désignée pour l’avoir assassinée, après la mort de son père, meurtre dont elle a été blanchie. Vous ajoutez à cela une mère dominatrice et étouffante qui entend faire du secret une religion. Le lecteur tombera sur un tueur en série se servant du dark web pour commettre ses méfaits, un avocat omniprésent, un informaticien obsédé par les faits divers les plus sordides, un jeune pyromane très demandé, sans compter une ancienne victime incapable de tourner la page de son kidnapping.
N’Avoue jamais alterne les points de vue : ceux d’Evie, de Flora puis de D.D. Warren. Une identifiée comme coupable présumée, une ancienne victime et une inspectrice tenace. Lisa Gardner donne une importance égale à ces trois femmes, même si ce polar appartient à la série des "DD Warren".
Impossible d’évoquer la fin de ce très bon polar qui nous aura entraîné du côté le plus noir du crime, avec aussi ses héros, ses héroïnes et cette part de résilience dans les dernières pages du roman.
L’uchronie (l’exercice du « et si ?... ») peut paraître vaine. Ce genre littéraire est peu goûté en France, tant il est vrai que réécrire une période historique paraît n’être qu’une construction de l’esprit pour ne pas dire de l’imagination. Tout l’intérêt de cet essai est au contraire de refuser toute réflexion fantaisiste et de montrer que, loin du déterminisme historique, une alternative aux journées de mai-juin 1940 était possible : le gouvernement de la IIIème République pouvait refuser la défaite et poursuivre le combat dans les colonies d’Afrique du Nord. Le choix de l’armistice était une décision politique et les partisans du général de Gaulle pouvaient imposer leurs idées.
Finalement, il s’en est fallu de peu. Si le choix de refuser la capitulation avait été décidé, les conséquences auraient été considérables : une défaite militaire française en territoire métropolitain au terme de combats qui se poursuivent jusqu’en juillet ; pas d’appel du 18 Juin mais le choix d’un "Grand Déménagement"; l’installation du gouvernement républicain à Alger avec un Général de Gaulle en ministre de la Guerre ; des combats acharnés contre l’Italie mussolinienne (le ventre mou de l’Axe) en Afrique et en Méditerranée ; une Bataille d’Angleterre réduite en intensité ; une alliance politique et militaire étroite entre la France républicaine et la Grande-Bretagne ; un Maréchal Pétain mis hors course dès le début juin (les auteurs l’imaginent même ne pas passer l’été) ; une autorité française collaborant avec l’Allemagne dirigée par Pierre Laval, mais tiraillée par des dissensions politiques au sein de l’extrême droite…
Ce scénario alternatif, qui se termine en décembre 1940, est vraiment intéressant et particulièrement documenté (sic). Si vous êtes en plus férus de descriptions de batailles et de stratégies militaires, vous serez gâtés !
Il a souvent été question de Tintin dans Bla Bla Blog. Ce personnage de bande dessinée, invention géniale du dessinateur belge Hergé, n’en a pas terminé de susciter commentaires, exégèses et études (près de 600 essais depuis la mort d’Hergé en 1983). Voilà ici un nouvel avatar de cette passion incroyable. Il s’agit d’un recueil d’interviews de Renaud Nuttiez.Demain Tintin ?, sous-titré Entretiens avec "7 fils de Tintin" (éd. 1000 Sabords).
L’auteur a interrogé sept passionnés du journaliste à la houppette. Le plus connu est Albert Algoud. Il y a aussi Jean-Marie Apostolidès, le biographe Pierre Assouline, les moins connus Philippe Goddin et Jacques Langlois, et enfin les références en la matière que sont Benoît Peeters et Numa Sadoul, auteur d’une série d’entrevues avec Hergé devenues essentielles pour connaître l’auteur de BD. L’ouvrage est précédé d’une préface d’un tintinophile célèbre, Hubert Védrine. Que des hommes, donc. Ce qui met déjà en avant un premier point faible de taille dans l'œuvre d'Herge : la quasi absence de femmes passionnées, et même de personnages féminins importants parmi la galerie tournant autour de Tintin – hormis la Castafiore "castratrice".
Aucun album original et des produits dérivés hors de prix
L’un des points forts de l’ouvrage est d’interroger ces sept "fils de Tintin" avec des questions identiques : Comment ont-ils découvert Tintin ? Peut-on apprécier Tintin à plus de 40 ans ? Faut-il contextualiser des albums d’Hergé, à l’instar de Tintin au Congo ? Quelle pérennité Tintin peut-il avoir dans quelques dizaines d’années ? S’ajoutent des questions sur la jeunesse d’Hergé, sur des rumeurs concernant sa jeunesse, sans oublier un sujet des plus débattu, celui des droits du dessinateur belge et de l’absence d’albums depuis la mort de ce dernier en 1983.
Les fans d’Hergé ne manqueront surtout pas se procurer cet ouvrage à la fois nostalgique, vibrant chant d’amour pour un personnage et une œuvre majeure, et en même temps constat que Tintin est devenu un personnage mythique mais aussi figé (nous n'utiliserons pas le terme de "poussiéreux") qui n’a pas su renouveler son public. Les interviewés avouent presque tous qu’il est difficile d’être captés par Tintin passé quarante ans. Faute de nouvelles aventures du reporter belge, les enfants et les adolescents actuels ne sont plus réceptifs à ces livres maintenant datés de plus de 50 ans.
Pire, les ayant droits ont tellement verrouillés juridiquement une création juteuse, avec aucun album original et des produits dérivés hors de prix, qu’il paraît difficile que Tintin ne devienne autre chose qu’un grand classique de la littérature, sans nouvelle aventure, au contraire de Spirou ou Blake et Mortimer. Il reste peut-être quelques raisons d’espérer : le film Le Secret de la Licorne en motion-capture de Steven Spielberg – certes imparfait – ou les expositions immersives proposées par la Fondation Culturespaces et Tintinimaginatio. Quant à un futur album, seul Numa Sadoul y est favorable et voit une leur d’espoir de ce côté. Espérons qu’il ait raison car il est temps sans doute qu'un nouveau dessinateur prenne la suite d'Hergé pour faire revivre le célèbre reporter belge.
Deux couples ont rendez-vous pour un dîner dans un restaurant très sélect d’Amsterdam. Le lecteur apprend très vite que deux de ses convives, Paul et Serge, sont des frères, accompagnés de leurs compagnes respectives, Claire et Babette.
L’objet de ce dîner nous sera révélé au fur et à mesure des pages. Sans dévoiler l’intrigue (pour avoir la surprise, évitez de lire le résumé en 4ème de couverture !), disons simplement qu’il sera question d’un problème familial et de la manière de le résoudre…
Un excellent roman néerlandais (et best-seller) qui nous fait entrer avec un ton grinçant dans la vie d’une famille apparemment ordinaire.
Et si finalement la vie ne serait qu’une loterie, du moins essentiellement ça ? Tel est le thème du dernier livre de Delphine Bell, justement nommé Loterie (éditions du Flair).
Chroniques, roman, récit autobiographique ou, mieux, autofiction ? Il y a sans doute de tout cela à la fois. L’auteure avait parlé dans ses précédents romans de la mort de son père (Roi et Toi), de sa mère (Dernière Liberté), avant de consacrer un journal sur son année de confinement (Inattendu) où sa famille, encore une fois, avait une place de choix. On n’est pas donc étonné qu’avec son dernier opus, Delphine Bell arpente son destin mais aussi les relations à la fois tendres, complexes et cruelles autour de ses parents, de son frère mais aussi – un peu – de son couple et de ses amis.
En trente-quatre chapitres plus un épilogue, l’écrivaine s’intéresse à des chiffres, celui d’un ticket de loterie qui vient basculer une vie. Elle s’interroge dans le "Pré-prologue" (sic) : "La vie est-elle une loterie ? J’écris sur le sens, l’extraordinaire qui se mêle à l’ordinaire, l’intime à l’universel".
Le livre commence là, avec des chapitres qui, chacun à sa manière, établissent ces moments de la vie où le hasard vient rythmer notre existence, un hasard que nous devons approprier, pour ne pas dire gérer. L’auteure se base sur sa propre existence, ses origines, sa nationalité, ses rêves d’enfance et d’adolescence, ses ambitions d’auteure, mais sans oublier les drames familiaux. Il y a aussi ces loteries inattendues pour une femme qui revendique ce "livre feel-good". Plusieurs chapitres sont en effet consacrés à la "loterie du bien-être et du zen". La narratrice profite d’une fortune lui tombant du ciel pour aller quelques jours à Cabourg avec son frère. Elle y parle de la "loterie de la thalassothérapie" et du "développement personnel". Delphine Bell se révolte contre des faux mages qui semblent prescrire "une vie avec du bon détergent". Sa réaction est cinglante : "Soyez un robot, un duplicata d’une fausse sérénité qui abrutit et surtout génère une montagne de bénéfices. Une secte de la plénitude établie et très rentable".
On est reconnaissants à Delphine Bell de n’être pas tombée dans les pièges de la littérature feel-good
On est reconnaissants à Delphine Bell de n’être pas tombée dans les pièges de la littérature feel-good. Elle n’est jamais aussi convaincante que lorsqu’elle se confie sur ses faiblesses, vraies ou supposée ("trop gentille"), sur ses blessures (la mort de ses parents), les instants qui la font chavirer (les amies) et ses cris de souffrance lorsqu’elle écrit à quel point sa mère lui manque. "La douleur m’a-t-elle fait grandir ?" finit par s’interroger Delphine Bell dans un des derniers chapitres, non sans perplexité d’ailleurs.
Loterie navigue entre promenade littéraire, passé et présent, rêve et réalité, monologues et conversations autour du "jeu du hasard". Une question est posée : "Qui a la roulette de la chance définitive ?" Cette interrogation devient cruelle lorsque l’auteure, sans citer son nom, parle de Gaspard Ulliel, un acteur à qui tout réussissait, qui fascinait dès son entrée dans une pièce, un homme comblé et décédé subitement d’un banal accident de ski.
Femme de lettres, Delphine Bell avoue son mépris des chiffres ("Absurdes, innombrables, presque vulgaires") et la loterie ("Une coterie"). Elle préfère largement se réfugier dans la philosophie ("C’est thérapeutique") mais aussi et surtout l’art, comme le montre la visite du musée de la faïence de Sarreguemines ("La mémoire élargit, et je trouve dans l’art un socle vertigineux. Je fouille, encore et encore"). Elle écrit encore : "Je m’y love avec facilité", même si l’art ne parvient pas à apaiser sa "faim".
La nostalgie sourd à chaque page de ce joli livre riche de ses digressions et de ses phrases poignantes : "Maman… Attends, j’ai encore des choses à te dire. S’il te plaît, attends…" Une phrase magnifique qui prend à la gorge. On sent Delphine Bell apaisée dans les deux dernières pages de son voyage entre réel et imaginaire. Et si la solution était dans la création, l’art, l’écriture, "l’invention", mais aussi l’humour, le soin aux autres et la tendresse ? "Allez, vous reprendriez peut-être un paquet d’amour, non ?"
Le concours connaîtra plusieurs éditions par an et sera alors ouvert à d’autres genres, tels que le roman policier et le feel good. Les 5 meilleurs textes seront publiés sur l’application Vivlio Stories. Le meilleur texte, élu par le jury et le grand public, fera l’objet de deux publications papier. L’auteur lauréat sera également invité à une tournée de dédicaces dans les librairies Cultura.
Voilà une occasion pour les auteurs en mal de reconnaissance de trouver une opportunité, des lecteurs et, pourquoi pas, des éditeurs.
Inspiration de la publication des mangas et des webnovels au Japon et en Corée
S’inspirant de la publication des mangas et des webnovels au Japon et en Corée, le concours Bookbuster valorisera un véritable parcours professionnel, avec différentes étapes de publication. Une fois déposés sur la plateforme de services aux auteurs de L’Écritoire, les textes passeront par une première phase de sélection menée par un jury de professionnels de l’édition. Cette phase récompensera les 5 meilleurs textes, qui seront alors publiés sous forme de série littéraire sur l’application Vivlio Stories, où le grand public pourra les découvrir gratuitement. La phase finale de sélection récompensera le meilleur texte, élu par le jury, avec l’aide du grand public.
Enfin, après une adaptation en format "livre", le texte fera l’objet de deux publications papier : d’abord en édition club chez France Loisirs, avec une durée d’exclusivité de 6 mois, puis aux Éditions du 123 pour une diffusion nationale en librairie.
L’auteur lauréat sera également invité à une tournée de dédicaces dans les librairies Cultura, l’immergeant ainsi dans le quotidien des auteurs professionnels.
Ce parcours étape-par-étape, par ailleurs proposé habituellement comme service aux auteurs sur l’Écritoire, sous le nom de « parcours Bestseller », sera exceptionnellement ouvert et gratuit dans le cadre du concours. Julien Simon, directeur éditorial de Vivlio Stories, explique le choix de ce type de concours : "La multiplication des formats de lecture, qu’ils soient physiques ou numériques, est une chance pour les lecteurs comme elle est une réelle opportunité pour les auteurs : elle permet d’exposer les œuvres à un public plus large, qui diversifie de plus en plus ses supports de lecture. C’est pourquoi il faut considérer la lecture dans sa globalité, sans opposer le streaming, l'ebook ou le papier."