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Musiques - Page 6

  • Positive attitude

    On aime le titre du premier single de Florence Béa, Une Floraison.

    "Cette chanson est pour tout ceux qui en ont assez de la violence de notre société et qui rêvent de plus de douceur et d'empathie". L’artiste ne pouvait pas être plus explicite. De la chanson positive, donc, servie par une musique puisant largement dans le répertoire Disney.

    On ne peut pas enlever la maîtrise vocale de Florence Béa. Et dire qu’il s’agit de son premier single. Prometteur ! 

    Florence Béa, Une floraison, 2024
    https://www.florencebea.fr
    https://www.facebook.com/profile.php?id=61560014545363&locale=fr_FR
    https://www.instagram.com/florence__bea
    https://www.tiktok.com/@florence__bea

    Voir aussi : "LaureM, invin-sensible"

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  • Dynah, entre acide et acidulé

    Partons à la découverte de Dynah, de son premier album L’eau monte et de sa chanson française teintée d’électro. Le morceau qui donne son nom à l’opus laisse à voir un engagement pour l’environnement autant que les l’évocation des tourments et des questionnements d’une femme et "l’eau trouble des sentiments".

    L’ex du groupe rock Why Elephant propose un album sincère et biographique. "Je ferais le clown dehors / Si je pouvais je lâcherais prise", constate-t-elle dans "La fille à la coquille". Être vraie, ne pas faire semblant. Voilà ce qui motive Dynah, une femme d’aujourd’hui, simple, pas une fille à histoires en somme. Voilà qui rend cette autrice-compositrice-interprète touchante.

    Dans le morceau "Découpée", l’auditeur sera frappé par le son électro-pop mâtiné de sons hip-hop donnant à cette chanson féministe, dénonçant l’utilisation dans les magazines de l’image du corps des femmes artificialisé ("Découpé / Redimensionné / Détouré / Détourné"), une facture hyper moderne. Sans doute le titre le plus pertinent et carrément le meilleur de l’opus.

    Il est encore question de féminisme et des femmes cette fois inspirante, dans "Reste encore". Le deuil, l’absence et le manque marquent une artiste dont la fragilité affleure dans chaque titre de l’album. C’est encore à cœur ouvert que Dynah se livre sans fard et sans illusion dans le sobre et délicat piano-voix "Toute petite" : "Mais je suis toute petite / Toute petite / Rien du tout / Minuscule / Une virgule / Un caillou". De là à s’en plaindre, sûrement pas : "Pas si mal d’être petite / Si je peux me cacher dans ton cou" !

    Pas une fille à histoires

    Dynah revendique une nouvelle fois sa sensibilité, son hypersensibilité et sa douceur dans le délicieux et acidulé titre "La douceur". Dynah, là encore, assume sa douceur ("Il n’y a rien de meilleur"). Paradoxalement, c’est une vraie arme pour se rendre "invincible" et résister à ceux qui voudraient que l’on s’endurcisse. La douceur doit prendre sa "revanche" assène-t-elle. Voilà qui est dit et bien dit.

    Dans "Fous à lier", à la facture eighties, la musicienne propose la folie comme moyen de renouer avec l’être aimé et de lier ou relier ses "pages volantes" avant qu’elles ne se perdent, voire de les écrire. "Ça fait mille et une nuits qu’on ne rêve plus… qu’on ne danse plus", déplore-t-elle. Dynah refuse le repli sur soi. Revenir vers l’autre, oui, mais avec la folie comme remède.

    Il est question d’amour encore avec "Ton nom". Dynah chante l’obsession d’un simple nom, telle une "incantation", une évidence quoi. "Je fais tourner ton nom dans le silence / Je fais tourner ton nom comme un non-sens". Plus qu’une déclaration d’amour, cette chanson sonne comme une prière païenne, vaudou et obsessionnelle.

    L’eau monte s’écoute comme le panorama personnel d’une musicienne confiant mine de rien ses états d’âmes tout comme ses souvenirs personnels, à l’instar de "Nouvelle" sur le débarquement en classe d’une "nouvelle meuf", fascinante et perdue qui "vient d’arriver". Un vrai coup de cœur que ce titre jouant à merveille avec le texte, l’interprétation et des sons électro-rock.  

    Dans "Pas encore l’heure", Dynah parle de ses derniers moments de sommeil et d’un lever impossible. Pas impatiente de retrouver le monde et les autres visages, elle pose la question d’être dans le monde ("Je gagne du temps / Je fais semblant / D’avoir encore des plans / Pas encore l’heure / Pas encore / Je me rendors").  

    L’opus se termine avec le titre "Sel", aliment à la fois simple et complexe. Complexe comme cette femme et artiste : "Je me morcelle souvent comme ça / je me m’ensorcelle souvent comme ça". Ensorcelant en effet, comme cet album à la douceur acidulée.

    Dynah, L’eau monte, Musigamy, 2024
    https://www.dynah.fr
    https://www.facebook.com/Dynah.fr
    https://www.instagram.com/dynah_dy_nah

    Voir aussi : "Nosonic, plus qu’assez bien"

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  • Marie Ythier, sans l’ombre d’un doute

    C’est avec un violoncelle riche, endiablé et passionné que Marie Ythier propose une sélection de créations contemporaines signées de jeunes compositeurs : Matteo Gualandi (né en 1995), Augustin Brand (né en 1994) et Bastien David (né en 1990, le plus "âgé" donc).

    Le violoncelle en partage, paru chez b•records, est un ensemble d’instants de communions et d’échanges passionnants avec l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes, l’ensemble Sillages et Arne Deforce, violoncelliste familier de compositeurs aussi complexes et déroutants que Iannis Xenakis, Richard Barrett ou John Cage. Voilà qui situe d’emblée l’univers proposé dans l’opus.

    La musique contemporaine mérite largement qu’on parle d’elle, elle qui secoue régulièrement le cocotier des musiques académiques et traditionnelles pour amener les sons dans ses derniers retranchements. Cela donne, à plus d’un égard, la couleur et la densité de l’album imaginé et mené par Marie Ythier.

    Grâce à elle, le violoncelle s’impose comme un instrument soliste à part entière, chose relativement rare comme le souligne la musicienne dans la présentation de l’album. Fotografie rarissime di angeli de Matteo Gualandi, une commande la Fondation Royaumont, s’apparente à une suite, un genre musical tombé en désuétude mais revigoré ici grâce à des sons tour à tour primaires ("La fille, le feu"), minimalistes et méditatifs ("La chute d’Icare") ou s’inspirant du baroque ("Chanson de l’oiseau dans la lumière").

    Il est encore question de baroque dans la quatrième partie "Toccata", savant mélange de sons renvoyant à Bach autant qu’aux trouvailles musicales du XXe siècle. La "Passacaille", le plus long mouvement de cette œuvre de Matteo Gualandi, a une facture à la fois archaïque et contemporaine. Marie Ythier prend à bras le corps ce morceau dans lequel les silences et les suspensions prennent autant de valeur que les notes, jusqu’aux dernières mesures déchirantes.

    Comme "des nuées d’oiseaux"

    Le deuxième compositeur qui a les honneurs de ce passionnant album est Augustin Braud. De l’un, l’autre est une œuvre concertante pour violoncelle et ensemble. Nous sommes là dans une création audacieuse, pleinement contemporaine, dans laquelle s’installe un ensemble de dialogues sauvages entre l’instrument soliste de Marie Ythier et l’ensemble Sillages dirigé par Gonzalo Bustos. Ajoutons que c’est l’Ensemble Sillage qui a lui-même commandé cette œuvre au compositeur. La nature semble être au cœur de ce que la musicienne appelle un "concerto grosso". Mais il s’agirait d’un concerto grosso de notre époque, audacieux, moderne, tourmenté mais aussi singulièrement primaire. Comme "des nuées d’oiseaux" ajoute Marie Ythier. Mais des nuées comme folles et perdues dans un ciel menaçant. Bouleversant.

    En 2022, Le Printemps des Arts de Monaco a commandé à Bastien David L’Ombre d’un doute, une œuvre pour deux violoncelles et orchestre. Pour cet enregistrement public à l’abbaye de Royaumont en septembre 2023, Marie Ythier était accompagnée du violoncelliste Arne Deforce et de l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes dirigé par Thomas Zehetmair.

    C’est par une pluie de notes ravageuses que commence cette création contemporaine dans laquelle Marie Ythier a trouvé son alter ego en la personne d’Arne Deforce, jamais plus à l’aise que lorsqu’il met à rude épreuve son violoncelle à la recherche d'inattendus. Et de l’inattendu, il y en a dans ces plus de quinze minutes d’un concerto au service de sonorités puissantes et de rythmes singuliers. Il semble que l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes a trouvé ses adversaires avec les violoncelles de Marie Ythier et Arne Deforce.

    Puissance, gravité, sombres dangers et attentes inquiétantes sont exprimés dans des passages qui n’ont rien d’improvisés. Les coups d’archers se succèdent dans une œuvre pleinement inscrite dans le XXIe siècle. L’auditeur pourra y lire l’influence de la musique concrète, celle du courant répétitif américain dans des passages minimalistes mais aussi, dans une certaine mesure, l’apport de l’électro dans des vagues sonores presque spectrales. Marie Ythier et Arne Deforce, armés de leur violoncelle, s’y livrent comme jamais, habités par cette œuvre incroyable s’élevant jusqu’à des sommets, telle une nuée… d’insectes – et non plus d’oiseaux.     

    Marie Ythier, Le Violoncelle en partage, Marie Ythier (violoncelle), Arne Deforce (violoncelle), Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes dirigé par Thomas Zehetmair, Ensemble Sillages dirigé par Gonzalo Bustos, b•records, 2024
    https://www.b-records.fr/marie-ythier-le-violoncelle-en-partage
    https://www.marie-ythier.com
    https://www.facebook.com/marieythiercellist/?locale=fr_FR
    https://www.arnedeforce.com
    https://onauvergne.com
    https://www.ensemblesillages.com
    https://www.bastiendavid.com
    https://augustinbraud.com
    https://www.matteogualandi.com

    Voir aussi : "Schumann et la petite bande des Fouchenneret"

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  • Nouvelle vague

    Véritable révélation pop du moment, Osinaël a un pedigree impressionnant. Actrice, juriste, avocate, influenceuse (son média engagé The Sages) et maintenant musicienne, elle présente cet été son premier single, J'adore, avant un premier album bien nommé, La Grande Vague, annoncé pour la fin de l’année.

    Qu’on ne s’y trompe pas. Derrière sa facture pop à l’efficacité diablement redoutable et son chant d’amour irrésistible ("J’adore ton Moi / Qui comme une croix / Me fait tenir droit"), J’adore porte aussi quelques messages qu’il faut bien écouter : "Je connais une île blanche / On peut y aller par une porte battante du siècle dernier / Que l’on emprunte sur le tapis ancien d’un destin commun".

    Osinaël est une artiste d’aujourd’hui, femme engagée mais aussi bien décidée à mettre la beauté au service de ses engagements sociétaux, féministes et environnementaux. Fort, bon et beau. Envoûtant, même.    

    J’oubliais. L’artiste multi-talentueuse prépare son premier livre, La Maison Des Secrets et une série télévisée, La Traversée Des Mondes qui sera distribuée par Cannes TV à l’automne 2024. 

    Osinaël, J'adore, 2024
    https://www.instagram.com/osinael_official
    https://www.youtube.com/channel/UCIfKmjGWGf9ikWrZ3nOJruQ
    https://www.the-sages.com

    Voir aussi : "La promesse Jade"

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  • LaureM, invin-sensible

    Conjure les sorts : voilà un titre énigmatique. Il nous vient de LaureM, aixoise de naissance et marseillaise d’adoption.

    La sensibilité affleure dans son dernier single dans laquelle la jeune chanteuse parle d’elle et de sa manière de conjurer les sorts et les sales coups du destin.

    Plus forte qu’il n’y paraît, LaureM fait de la musique et du piano son refuge et son arme ("Il paraîtrait que la musique / Apaise les cœurs mélancoliques / Le mien est dur comme un rocher / Toutes les vagues s'y briseraient").

    Artiste invincible, rêveuse et obstinée, voilà une voix de la scène française qui entend bien s’imposer, avec force, douceur et caractère, envers et contre tous : "Et je rêve un peu plus fort / Et je m'égare un peu moins loin / Et je conjure les sorts / Tu m'aimes plus ça ne fait rien".

    LaureM, Conjure les sorts, 2024
    https://www.facebook.com/musiqueslaure
    https://www.instagram.com/artlaurem
    https://www.youtube.com/@LaureMusiques

    Voir aussi : "Méli-mélo de Loulia"
    "Julia Jean-Baptise pour l’éternité"

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  • Peter Jablonski, très classique, très jazz

    Bla Bla Blog avait parlé il y a quelques semaines de l’album Air de Christian Schittenhelm. Cette grande bouffée d’air frais dans la musique d’aujourd’hui prend un nouveau relief avec son autre opus du moment, Back Home with the Moon.

    Pas d’orchestre symphonique cette fois mais un piano et un interprète d’exception, le Suédois Peter Jablonski. Ce grand interprète de Chopin, courant les scènes du monde entier, se penche cette fois sur un répertoire contemporain, à la facture néo-classique mais aussi des influences jazz.

    La simplicité, la nudité et la fluidité de Peter Jablonski se mettent au service de pièces intimes immédiatement attachantes. C’est la caressante "Berceuse mauve", tout en pastel, c’est la délicate "Valse naïve" dont on lira l’influence d’Erik Satie mais c’est aussi cet autre morceau, "Simply Yes", dont la retenue laisse place à un élan passionné. 
    La "Valse de rien" semble nous ramener quelques dizaines d’années plus tôt dans une salle de bal parisien après le départ des derniers invités, lorsqu’un couple se retrouve seul pour une dernière danse. Décidément, la valse est un style qu’affectionne Christian Schittenhelm ("The Algot Walz").

    Le titre qui donne son nom à l’opus semble faire le pont entre classicisme, contemporain et jazz. Il y a aussi un esprit pop dans ce "Back Home With The Moon" dont Peter Jablonski prend possession avec un plaisir évident.

    Simplicité, nudité, fluidité

    L’album de  Christian Schittenhelm et de son instrumentiste prestigieux est enrichi de pièces courtes à la belle densité et que le piano vient colorer. C’est le mélodique "Duo", le spectral "Stellar", l’étrange "Poème de l’inutile" ou la composition très contemporaine "Impression de lièvre" jouant sur le rythme et sur des notes semblant s’envoler en toute liberté.

    L’auditeur prendra plaisir à se faire prendre au piège dans cette choix de pièces se jouant de toutes les étiquettes. Comment en effet caractériser en effet "Roof Ans Sky", lente et mélancolique déambulation au piano, la ballade "Alone" à la tristesse éloquente ou encore ces titres à la facture jazz cool que sont "After Me The Storm" ou encore "A Bad E Could Be The Best", avec ses sonorités graves ?

    Le pianiste classique Peter Jablonski vient servir à merveille de sublimes morceaux, à telle enseigne que "Zebra Piano" paraît lui être destiné directement ? Le contemporain est aussi bien présent, particulièrement à la deuxième moitié du disque. C’est "Quadratures" mais aussi "Lévitation" dans lesquelles le piano se fait grave et par moment suspendu. 

    Christian Schittenhelm, Back Home With The Moon,
    Peter Jablonski (piano), Sfumato Records, 2024

    https://christianschittenhelm.fr
    https://sfumatorecords.com/records
    https://www.peterjablonski.com

    Voir aussi : "De l’air"

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  • Noces franco-brésiliennes

    Qui connaît Itiberê Zwarg ? Cette figure de la musique brésilienne, compositeur, chef d’orchestre et multi-instrumentiste et aussi , très proche collaborateur d’Hermeto Pascoal, a rejoint Paris en janvier 2022, après la pandémie, pour un projet musical autant qu’humaniste : faire se rencontrer cultures et courants musicaux venus de tous horizons. Son Live à Paris est une compilation de morceaux enregistrés en public à Paris, Juan les Pins, Grenoble et, évidemment, Paris.

    C’est avec l’Orquestra Família da França que que joue le musicien brésilien dont la joie et la générosité sont communicatifs. À l’initiative du saxophoniste Benoit Crauste, ce projet a vu le jour au Festival Sons d’Hiver en 2022. on retrouve l'essentiel sur disque dans cet album Live à Paris.

    L’auditeur sera entraîné dans un tourbillon de sons où la musique traditionnelle brésilienne devient jazz, et même improvisations ("Annecy"). Nous voilà emporté dans un maelstrom de sons où peuvent s’entendre des résurgences de standards ("La vie en rose").

    Jazz plus que jamais 

    L’orchestre est constitué de 23 musiciens français et brésiliens dont l’osmose est admirable. Jazz plus que jamais dans le morceau "Brilho do Sol à Juan les Pins". Les cuivres brillent de mille feux, les chœurs ont ce parfum sixties et les improvisations ont toute leur place. C’est éclatant, vivifiant et cela ravira les fans de jazz tout autant que les amoureux de musiques colorées et dansantes.

    Avec "Chegando em Paris" nous, le plus court morceau de l’opus, nous sommes dans un morceau qui chère bien la douce France, le pays de notre enfance, accordéon incluse. Mais ce serait un jazz métissé du sol do Brasil. "La fête des Gaulois" s’écoute comme une déclaration d’amour d’Itiberê Zwarg  pour la France, avec un orchestre sensationnel enrichi d’un chœur encore plus présent.

    "Grenoble" vient compléter l’opus en insufflant au jazz de la modernité dans ses premières mesures avant de s’envoler dans un joyeux chaos fait d’impros, d’envolées de cuivres et de bois.

    Rarement jazz et musiques traditionnels n’ont fait aussi beau mariage. Mariage mixte, bien sûr.

    Itiberê Orquestra Família da França, Live à Paris, 2024
    https://www.facebook.com/itibereofdf
    https://www.instagram.com/itibereofdf
    https://bfan.link/live-a-paris-1

    Voir aussi : "Kamas, décalée sans caler"

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  • Fauré 2024

    2024 marque les 100 ans de la mort de Gabriel Fauré. Les hommages au créateur du célèbre compositeur. Et puisque l’œuvre de Fauré ne se résume pas au seul Requiem, le pianiste Laurent Wagschal propose une sélection de morceaux pour son instrument fétiche. Précisons que dans le cadre d'une intégrale pour piano de Fauré, cet album est un florilège de morceaux les plus représentatifs (Ballade, 6e et 7e Nocturnes, 5e Barcarolle et ses Thèmes et Variations) mais aussi de pièces plus rares. 

    Le programme débute par la Ballade op.19, une des pièces devenues emblématiques de Gabriel Fauré est le parfait reflet de cette musique française de la fin du XIXe siècle. Un mélange de légèreté, de grâce, d’exigence et de virtuosité caractérisent cette longue ballade qui peut se lire comme du romantisme à la sauce française – Wagner et Liszt ne sont pas loin dans cette pièce écrite entre 1877 et 1879 et dédiée à l’influent Camille Saint-Saëns.

    L’auditeur fondra sans nul doute à l’écoute de la Pièce brève op. 84 n°5. Ce sont une minute et vingt-six secondes au service d’une mélodie envoûtante qui convaincra même les peu familiers du classique.

    On connaît la Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel. Voici une autre Pavane, op.50, composée en 1887. Outre le fait qu’une publicité l’ait rendue célèbre, cette Pavane a eu droit à de multiples versions et adaptations, y compris au cinéma. Laurent Wagschal l’interprète dans toute sa nudité, faisant honneur au talent de composition de Gabriel Fauré.

    On a beaucoup parlé de romance sur Bla Bla Blog, grâce aux Schumann. Voici dans ce album envoûtant la Romance sans parole en la bémol majeur op.17 n°3 datant de 1878. On se laissera happer par cette formidable et courte pièce à la grande délicatesse et à la mélodie inoubliable.

    Désireux de proposer un programme varié, c’est un impromptu qui est ensuite proposé, en l’occurrence celui en fa mineur op. 63. Celui-ci s’avère redoutable de technicité. Le moins que l’on puisse dire est que le pianiste s’en sort haut-la-main, alliant virtuosité, simplicité (dans la deuxième partie) mais aussi une forme de légèreté particulièrement bienvenue en ce moment. 

    La modernité n’y est du reste pas absente 

    Deux Nocturnes sont proposées, le n°6 op. 63 en ré bémol majeur d’une part et le n°7 op.74 en ut dièse mineur d’autre part. Bien entendu, qui dit "nocturne" dit Chopin. Cependant, Fauré ne fait pas le choix de la noirceur ou de la nuit, si l’on excepte le plus mélancolique Nocturne n°7, spécialement dans sa première partie. Il se montre au contraire lumineux et léger. Mais aussi romantique. Le lecteur pourra se sentir porté par ces pièces écrites dans les toutes dernières années du XIXe siècle.  

    Après le lent Prélude en sol mineur op. 103 n°3, une berceuse en forme de barcarolle, c’est justement la Barcarolle n°5 op.66 que nous propose Laurent Wagschal. On saluera le pianiste pour son interprétation se jouant des pièges techniques dans cette œuvre pleine d’élégance et de lyrisme. La modernité n’y est du reste pas absente dans ce morceau d’un classicisme très français.

    L’album se termine avec la plus grosse partie du programme, à savoir les Thèmes et Variations op.73. Le thème quasi adagio en ut dièse mineur, une singulière marche funèbre, est suivi de onze variations constituées de syncopes ("Variation III"), de tempo accélérés ("Variation II"), de moments paisibles ("Variation VIII") ou de temps expressifs ("Variation XI"). Classique dans l’âme, figure exemplaire de ce qui s’est fait de mieux dans le classicisme français, Fauré mérite d’être redécouvert, y compris dans son œuvre pianistique, tant son aura demeure cent ans après son décès. 

    Gabriel Fauré, The Essential Piano Works, Laurent Wagschal (piano), Indésens Calliope, 2024
    https://laurentwagschal.com
    https://www.facebook.com/laurentwagschal
    https://indesenscalliope.com

    Voir aussi : "Des papillons dans l’estomac"
    "Nuit et lumières chez les Schumann"

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