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Piednoir vient de sortir son premier EP, Souvenirs de la houle. La houle en question est celle de sa Normandie natale. Et il est vrai qu’il souffle sur cet album un vent frais et la sensation que le musicien dessine des paysages qui lui sont familiers.
Pour autant, Souvenirs de la houle est bien un pérégrination intérieure qui est un appel à la vie, aux rencontres et à l’amour, y compris s’il peut décevoir ("Dis-moi que tout va bien / Mens moi juste une dernière fois" ,"Dis-moi" ). "La tête haute", son premier titre, entend délivrer une série de messages bienvenus : avancer, assumer, affronter et, surtout, garder "la tête haute".
Les chansons de Piednoir sont plus complexes qu’il n’y parait. Les instruments acoustiques ("À nous deux") sont enrichis de sons électros mais aussi de rythmes urbains ("22H23").
Comment ne pas conclure cette chronique par les mots de Piednoir lui-même ? Et d’abord, au sujet de son nom, justement : "Piednoir, c'est mon nom. Et parce que j'ai dû le porter, à présent je veux qu'il me porte. Je veux qu'il agisse comme un prisme pour dévoiler la poésie et le positif qu'il y a dans chaque sentiment qui me trouble, me perd, qui me rend vivant."
Nous attendions avec curiosité le nouvel album de Carole Masseport, En Équilibre. Après la sortie d’un premier single, "On se remet de tout", la chanteuse confirme tout le bien que l’on pensait d’elle, grâce à un album écrit et produit avec soin, avec entre autres Albin de la Simone et JP Nataf, le chanteur des Innocents.
Carole Masseport chante en équilibre dans un opus tout en finesse ("À ma place"). Le thème de l’amour est bel et bien là même s’il s’agit d’amours cabossés mais revivifiés par de nouvelles rencontres : "une seconde chance n’a rien de ridicule… Je suis là, hélas, et lasse / Je suis là à ma place".
Sur des textes faussement légers ("On se remet de tout"), la chanteuse assume la simplicité de textes et de mélodies parlant de la vie à deux ("Rien n’y fera"), de la recherche de l’autre ("Si elle m’aime"). L’attachement, les confessions, les trahisons et les doutes : Carole Masseport les exprime de sa voix fragile à la Enzo Enzo, avec une économie de moyens.
Faussement légers
Tout cela est fait avec grâce, y compris lorsque la musicienne s’engage et aborde le problème des migrants ("Calais"), avec un regard plein d’acuité et presque avec légèreté ("Garavan").
Il faut aussi parler de "Cœur de dentelle", une jolie balade folk avec guitare et voix sur la fin implacable d’une relation, en raison d’un homme "qui tire sur la corde… le loup qui dévore c’est toi". Cette histoire d’un échec amoureux est chantée avec une retenue bienvenue, ce qui n'empêche pas des moments de confession : "Dans mon lit c’est Hiroshima / J’y ai cru toi et moi / Tu m’as crue je ne joue pas".
Toujours pop-folk, l’album se termine par une étonnante reprise de "Hors-saison", le tube de Francis Cabrel. Et s’il fallait chercher là les influences de Carole Masseport ?
Allez, je me lance : c’est une vraie petite surdouée que je vous invite à découvrir, si ce n’est déjà fait. Elle s’appelle Zoé Morin et s’affirme comme une artiste d'une précocité exceptionnelle. Bla Bla Blog l’avait découverte il y a quelques mois. Elle revient avec un nouvel EP, J'me cherchais, à la manœuvre au texte et à la musique.
L’auditeur qui l’avait découvert dans son précédent album retrouvera dans ce nouvel EP ce qui fait la singularité de cette jeune musicienne : son âge, justement – 13 ans – et son formidable talent.
Il y a de l’enthousiasme à suivre la musicienne toulousaine, audacieuse, fraîche, sincère et injectant du slam, de l’électro et du hip hop dans ses chansons. On sent l’urgence dans l’écriture de ses chansons, parfois minimalistes ("T’es trop parfait pour moi"), ce qui n’empêche pas une qualité d’écriture indéniable, à l’instar du morceau "Je reviendrai pour te voir" : "Elle a attendu / Que son père revienne / Chargé comme une mule / D’un ossement de baleine."
Zoé Morin chante et scande ce qui fait le quotidien et les préoccupations d’une jeune adolescente : l’amour et ses premiers émois ("Qu’est-ce qu’il est beau ton sourire"), les doutes ("T’es trop parfait pour moi", "J’me cherchais") mais aussi des histoires ordinaires et parfois tragiques comme ce récit sur une tragédie ordinaire, racontée au plus près ("L’accident").
Le talent explose à tous les coins de cet EP. Zoé Morin dit qu’elle se cherchait. Et bien nous, on l’a bien trouvée. Elle est absolument à écouter et suivre, et cela pour un bon bout de temps.
Klervia, que nous avions découverte il y a trois ans , revient ce printemps avec "Small", un nouveau single sensible, qui est avant tout un voyage vers la Bretagne.
L’océan, les marins, les bateaux : gros coup de nostalgie et de mélancolie pour l’artiste attachée à son pays d’origine et à ses racines.
Elle revient ce printemps avec son nouveau titre "Viens, je t’emmène". Non, il ne s’agit pas d’une reprise du titre de France Gall et Michel Berger mais bien d’une création originale sur le thème du voyage.
Sur des rythmes et des sons world (normal : Henintsoa est originaire de Madagascar), l’artiste impose son univers et sa voix pleine d’assurance. De la couleur, du plaisir et de l’aventure aux quatre coins du monde : "Donne-moi ta main prends la mienne / On verra bien jusqu’où le destin nous mène."
Dreamers faux rêveurs, c’est d’abord l’album d’un musicien, Herenger, qui s’est enrichi de mille voyages et rencontres (Eeels, Maurice Jarre ou Beck). Le premier titre, "La nostalgie", peut du reste se comprendre comme le message d’un artiste sans cesse en mouvement : "Bourlingueur du temps passé / Souvenirs au fond des poches / Amour en papier délavé / Au creux d’un Jeans / De la musique dans les passions / De la musique en lingerie fine / Amour en papier délavé / Au creux d’un Jeans." Nostalgie aussi jusque dans la facture musicale renvoyant à une pop-rock aux accents à la Bashung.
Je vous fais un aveu : j’ai ouvert un dictionnaire pour comprendre le sens du deuxième titre de l’album de Herenger, "Paréidolie ordinaire". Une paréidolie est un phénomène visuel identifiant une forme à une autre (par exemple un nuage apparaîtra sous la forme d’un mouton et une tâche d’encre ressemblera à un papillon. Sur cette idée, Herenger a écrit un joli morceau convoquant avec délicatesse des rêveries et des souvenirs d’enfance : "Paréidolie dans les yeux de mon père / Regarde, tu vois, là-haut, un corps de lion."
Avec "Le gardien du phare", dans une folk cabrélienne, l’auteur-compositeur-interprète propose le portrait d’un rugueux, taiseux mais sensible homme de la côte en train de faire sa "dernière ronde" : "Ça peut paraître dérisoire / Mais dans mes rêves de gardien de phare / J’avais des voiles et des dérives / J’ai même été un bateau ivre / Aujourd’hui un peu rouillé / Je me réveille du mauvais pied / A terre, saurais-je encore aimer ?"
Herenger sait cacher derrière des titres légers, joueurs et romantiques ("Fais-moi") des morceaux aux accents plus sombres, à l’instar de "Vole" ("Vivre au bout du fil / Vivre comme un chien / A toutes fins utiles / Lui manger dans la main… Tu t’envoles enfin."), du très pop "Limoncello Moon", la seule chanson anglaise de l’opus qui parle de perte d’un être cher ("Bathe us in your beauty / Bathe us in your gold / Bathe us till the blues wears off our souls") ou encore de "Je ne sais pas", un morceau pop-folk au talk-over sensible sur une séparation indigérable ("Rester là si tu me quittes / Et vivre si tu t’en vas / Oui vivre si tu t’en vas / Je ne sais pas").
Herenger se pique également d’engagement avec son titre plus électro-world "Aux étoiles du nord", en featuring avec Kyekyeku. Il s’agit d’un hommage et un message à destination des migrants fuyant leur pays en guerre ("Fuir la ville / Ou mourir au combat / Perdre racine")
Les "Affreux de la création"
Outre ce titre mêlant chanson français et world music, Herenger teinte "Les muses sauvages" de sons jazzy, pour cette interprétation mythologique sur les "affreux de la création" comme le disait Serge Gainsbourg : "Il n’est plus de nuit ni de jour / Que des hordes de mots qui rendent fou / Et courent dans ma tête comme des chevaux sauvages".
Nous parlions d’engagement. Il en est aussi question dans "La banquise". Évidemment, la lutte pour l’environnement est une source intarissable d’inspiration, parfois de manière plus ou moins adroite (les bons sentiments n’ont jamais forcément faits les meilleures créations, n’est-ce pas ?). Herenger, lucide et "faux-rêveur", préfère parler de ce sujet avec minimalisme, finesse et poésie, au plus près de l’être humain que nous sommes : "Dans mon verre tournent les ombres / Monochromes… Hémisphères / A deux doigts menacés / Mais je bois pour oublier le nombre de deux doigts et deux mains / Nos demains menacés."
L’auditeur écoutera avec un plaisir communicatif le morceau qui a inspiré le titre de l’album. "Dreamers faux rêveurs" est un formidable titre folk sur l’enfance et les rêves que Herenger interprète avec Daguerre ("On a connu les doutes, on a connu les peurs / Et la rouille solitaire quand se fanent les fleurs / Dans des verres de partage on a noyé l’ennui / et peut-être pris de l’âge mais n’avons pas grandi / N’avons jamais grandi"). Ce duo pop-rock enlevé parle de rêves, de liberté mais aussi de voyages. De bourlingues, de nouveau. On ne se refait pas.
Ou plutôt "Clap de fin" : car tel est le titre du nouveau single d’Akyal. Ce morceau est aussi un hommage au groupe Fauve pour "les remercier pour ce qu’ils ont apporté à la scène française et pour ce qu’ils ont véhiculé dans la tête des uns et des autres", comme ils le disent eux-même.
Dans un talk-over électro-pop, Akyal chante l’amour. Un amour passionné, fou, éphémère, fruit d’une rencontre d’un soir mais qui peut marquer une vie : "Même si c’était que pour un coup / Ça m’a ouvert les yeux / Parce que t’étais différente / Parce que t’étais fauve."
Le clip est une jolie création mêlant images volées en noir et blanc et étreintes sensuelles couleur rouge sang.
Tel est le leitmotiv d’Olivier Marois dans son single, qui annonce son premier EP en juin prochain.
"J’veux juste pas que tu t’arrêtes" est une déclaration d’amour autant qu’un hymne à toutes ces musiques qui nous font vibrer. "Miles Davies, Joe Strummer, Lana del Rey et les Clashs Maria Callas, Cindy Lauder, Johnny Clash. Je me fous de la chanson qui passe / Je veux juste que tu m’embrasses", chante-t-il de sa voix grave, dans un titre au talk-over séduisant.
Le chanteur parisien le dit autrement : "Tout ce qui est important tient en trois mots et une phrase, le reste n’est que circonvolution, filtre, blabla... que tu écoutes du punk ou Mozart, le plus important n’est pas la chanson, son habillage, mais sa vibration."
Franchement convaincant, et on peut être sûr qu’il ne s’arrêtera pas en si bon chemin Son premier EP Hosannas est à paraître le 18 juin prochain.